Le projet: un ordinateur à 100$ pour les enfants pauvres

Le MIT, et plus précisément Nicholas Negroponte, a eu l'idée de lancer un projet pour proposer un ordinateur portable à 100$US pour les enfants pauvres, et tout spéciallement pour ceux des pays du tiers monde. Cet ordinateur s'appelle le XO (le symbole qui représente un enfant peut se voir comme un X et un O), et le projet s'apelle OLPC (One Laptop per Child). Dans le principe, ce sont les gouvernements qui achètent pour redistribuer les machines.

Le projet se veut un moyen d'améliorer l'accès à l'éducation des efants pauvres: Ce que ces gens n'ont pas, c'est un moyen décent d'accéder à une bonne éducation. Et enfonce le clou, en précisant que ce projet n'est pas un projet d'ordinateur portable, mais un projet d'éducation. Cette vision initiale a du subir quelques évolutions suite à des critiques, essentiellement parce qu'elle a été poussé à l'extreme par son concepteur, M Negroponte, qui a déclaré que l'amélioration de l'éducation ne passait ni par la formation d'enseignants, ni par la construction d'écoles, mais en faisant levier sur les enfants eux-mêmes grâce à l'ordinateur.

Le XO

Le point de vue technique

Un processeur AMD Geode à 600 MHz, un écran petit mais de très bonne qualité graphique, retournable sur le clavier comme un tablet-pc (mais l'écran n'est pas tactile, il y a des boutons de manette de jeux pour s'en servir à ce moment là). 256 MO de RAM (pour 128 anoncé au départ), pas de disque dur mais une mémoire flash (celle des clés USB) d'1GO. Du son, une webcam, un micro, des ports USB et un lecteur de cartes SDRAM. Pour le prix (actuellement aux alentours de 175$US) rien à redire, en terme de puissance ça correspond à peu près à ce qui se faisait vers 2001-2002 pour le bureau. Ce sera un peu limite pour Windows Vista, mais ce n'est pas le but.

Ajoutons-y la présence de deux connexions WIFI, une classique et une autre pour se connecter en réseau maillé à travers d'autres OLPC et l'essentiel est dit sur le plan technique. Une contrainte de robustesse en environnement difficile a été ajouté (le XO a été testé en forêt amazonienne comme dans des zones désertiques), pour tenr compte des usages prévus.

Le contenu éducatif

Comme annoncé plus haut, l'essentiel n'est pas censé être dans le matériel, mais plutôt dans le logiciel et son usage. Avant de présenter quelques uns de ces logiciels, voici quelques grandes lignes prévues:

  • les activités sont partageables via le réseau maillé avec d'autres utilisateurs d'OLPC.
  • Un journal est conservé, il peut contenir les informations relatives aux travaux des enfants.
  • les activités sont écrites spécifiquements, éventuellement à partir de programmes existants. Ce n'est pas un ordinateur familial pouvant faire tourner n'importe quel logiciel pour PC.

Quelques exemples d'activités existantes:

  • L'indispensable tetris,
  • un navigateur internet (avec les problèmes de filtrage (protection des mineurs/censure) que cela va impliquer),
  • du chat (conversation en plusieurs) entre plusieurs OLPC,
  • un traitement de texte allégé, basé sur abiword mais allégé au maximum. Il n'y a même plus les styles, cela me semble exagéré. Le traitement de texte de l'OLPC Notez que le XO dont je dispose a un clavier anglais, d'où l'absence du é. Il est prévu des clavier adaptés aux situations locales,
  • une calculatrice simple qui ignore les règles de priorité dans les calculs,
  • Un lecteur de flux RSS (News reader),
  • du dessin à la tortue (LOGO?),
  • enregistrement webcam,
  • lecteur multimedia.
  • Etoys, un logiciel de création d'environnement multimédia basé sur Squeak.
  • et enfin TamTam, un éditeur synthétiseur de musique TamTam tout à fait surprenant. Des videos de présentations en français se trouvent sur leur blog.

D'autres projets sont en cours d'écriture, ma seule inquiétude est le manque de place sur l'interface qui sert à lancer les programmes.Interface de l'olpc

Certains logiciels sont une réussite et en particulier TamTam, le magnifique logiciel avec synthétisuer/editeur de musique particulièrement bien pensé. D'autres ne sont pas encore terminé dans la version actuelle et ne fonctionnent pas, comme le logiciel de dessin.

Le système qui se cache dessous.

Disons le tout net: un des objectifs annoncés était de n'utiliser que des logiciels libres. Le système proposé fonctionne sous Linux, et plus précisément sous une distribution Fedora/RedHat spécialement adaptée. Les logiciels utilisent Python/Gtk comme environnement, ce qui rend le développement assez facile (python est un langage de script) et bien documenté. Cet environnement étant disponible sous Windows et sous des Linux plus classiques, il n'est donc pas exclu de pouvoir retrouver certains logiciels pour ces plate-formes (pour tout dire je rêve d'une version indépendante de TamTam).

Une évolution du projet a conduit à rendre possible l'utilisation de WIndows XP sur ces machines. On passe alors d'une machine destiné à un usage par les enfants dans un contexte éducatif, à des machines susceptibles d'intéresser n'importe qui. Le risque de détournement/vol devient plus important, et une protection des machines a été prévue. Comme toute protection elle sera contournée, c'est du temps et de l'argent perdu de vouloir sécuriser ce qui ne peut pas l'être.

Et pour les petits français?

L'ordinateur ne sera pas en vente pour les particuliers, ils sont achetés par les états et devraient pouvoir l'être par les collectivités locales. Et la France ne fait pas partie de la liste des pays intéressé. Pourtant, entre 1 et 2 millions d'enfants y sont dans une situation de pauvreté. Et des pays plus riche que le notre ont annoncé être intéressés, comme certains états américains. Ce pourrait être une alternative robuste et peu coûteuse aux distributions de portables dans les collèges, et/ou concerner des enfants du primaire. Mais les dirigeants français ont choisi de rester à l'écart.