Il faut lire absolument ce billet rapportant les résultats d'une étude sur la pub et les enfants de 3 à 5 ans. La pub favorise la malbouffe, donc l'obésité. J'irai jusqu'à dire qu'elle peut tuer en favorisant les maladies cardio-vasculaires. Elle a la aussi la réputation de favoriser l'anorexie à cause de l'image des femmes qu'elle véhicule.

Résultat: les enfants ont très largement préféré le goût des aliments estampillés McDo, c'est-à-dire quand ils pensaient que ceux-ci venaient de chez McDonald's.

Pour le hamburger, cela été le cas de 48,3 % des enfants, tandis que 36 % ont dit préférer le hamburger qui était emballé dans un sachet neutre et que 15 % ont trouvé le même goût aux deux échantillons. Pour le Chicken Nugget, 59 % ont préféré celui dans l'emballage McDo, 18 % le neutre, et 23 % ont trouvé le même goût aux deux échantillons. Quant aux frites, c'est le record : 76 % ont préféré celles au logo McDo, 13 % celles dans un sachet standard, et 6 % n'ont pas fait la différence. S'agissant du lait, les résultats sont du même ordre (61 %, 21 %, et 17 %). A noter le cas des carottes : alors que ce produit n'était pas à l'époque de l'étude aux menus de McDonald's, les enfants ont, à 54 %, préféré celles emballées McDo ! 23 % ont jugé meilleures celles dans un sachet neutre, et 23 % ont trouvé que c'était kif-kif.

Une lecture de l'enquête nous apprend que deux facteurs sont prépondérants dans cette attitude des enfants: le nombre de télévisions dans la maison et la fréquence des repas au McDo.

On pourra surtout noter les réponses inquiétantes au questionnaire préalable[1] : sept enfants sur dix vont au McDo au moins une fois par mois (un sur quatre au moins une fois par semaine) et il y a 57 % des enfants qui ont la télé dans leur chambre (et nous parlons d'enfants de 3 à 5 ans) !

Les résultats de l'enquete préalable

Ce qui est d'autant plus inquiétant que, comme le dit un des auteurs de l'enquête: les moins de 7/8 ans sont incapables de comprendre les visées persuasives de la publicité et j'ajoute qu'ils sont probablement également incapables de prendre le recul nécessaire en face des flux d'images qu'ils reçoivent ainsi. Ce n'est pas seulement la pub à le télé la question, c'est aussi la place de la télévision dans nos vies.

Deux anecdotes personnelles. Un gendarme, chargé de venir faire de la prévention routière dans les collèges, a expliqué son truc pour repérer les élèves les plus durs: il demandait aux élèves ceux qui avaient la télé dans la chambre, et ensuite, parmi ceux là, ceux qui prenaient en général leur repas dans leur chambre. Ça ne rate jamais !, disait-il. Et une mère de famille regrettait récemment que sa fille passe ses soirées devant la télé. Je ne peux pas m'empêcher de me demander pourquoi elle ne lui éteint pas la télé d'office. Ça doit être sa fille (5 ans) qui décide de ce qui est bien pour elle.

Notes

[1] Notons aussi que ces chiffres ne sont en rien représentatifs de la population américaine. Ce n'était pas le but de l'étude.