Allez c'est un feu mal éteint / Il couve ici mais brûle ailleurs
Par yves le jeudi, octobre 5 2006, 09:51 - General - Lien permanent
Ce billet est dédié à Bereno, tombé au champ d'honneur des blogueurs qui parlent de la souffrance des autres.
Un peu de ciel sur le silence
Le soleil est beau quand il pleut
Le souvenir a les yeux bleus
A qui mourut par violence
Bereno était le clone virtuel d'un inspecteur du travail, observateur privilégié du quotidien de milliers d'hommes et de femmes. Observateur désormais muet. Bereno a été tué au petit matin par la fermeture du blog dans lequel il vivait. L'inspecteur a reçu l'ordre de se taire.
Un peu de ciel sur le silence
Le soleil est beau quand il pleut
Le souvenir a les yeux bleus
A qui mourut par violence
Une histoire qui n'est pas sans rappeler celle de Garfieldd.
Dans le cimetière d'Ivry
Il chante encore il chante encore
Il y aura d'autres aurores
Et d'autres Gabriel Péri
À Bereno, je veux dédier la légende de Gabriel Péri. La censure qui a tué Bereno n'est pas l'exécution capitale qui a ms fin à la vie de Gabriel Péri, heureusement. Louis Aragon y chante aussi l'inutilité de la censure : « Allez c'est un feu mal éteint / Il couve ici mais brûle ailleurs ».
Légende de Gabriel Péri
C'est au cimetière d'Ivry
Qu'au fond de la fosse commune
Dans 1'anonyme nuit sans lune
Repose Gabriel PériPourtant le martyr dans sa tombe
Trouble encore ses assassins
Miracle se peut aux lieux saints
Où les larmes du peuple tombentDans le cimetière d'Ivry
Ils croyaient sous d'autres victimes
Le crime conjurant le crime
Etouffer Gabriel PériLe bourreau se sent malhabile
Devant une trace de sang
Pour en écarter les passants
Ils ont mis des gardes-mobilesDans le cimetière d'Ivry
La douleur viendra les mains vides
Ainsi nos maîtres en décident
Par peur de Gabriel PériL'ombre est toujours accusatrice
Où dorment des morts fabuleux
Ici des hortensias bleus
Inexplicablement fleurissentDans le cimetière d'Ivry
Dont on a beau fermer les portes
Quelqu'un chaque nuit les apporte
Et fleurit Gabriel PériUn peu de ciel sur le silence
Le soleil est beau quand il pleut
Le souvenir a les yeux bleus
A qui mourut par violenceDans le cimetière d'Ivry
Les bouquets lourds de nos malheurs
Ont les plus légères couleurs
Pour plaire à Gabriel PériAh dans leurs pétales renaissent
Le pays clair où il est né
Et la mer Méditerranée
Et le Toulon de sa jeunesseDans le cimetière d'Ivry
Les bouquets disent cet amour
Engendré dans le petit jour
Où périt Gabriel PériRedoutez les morts exemplaires
Tyrans qui massacrez en vain
Elles sont un terrible vin
Pour un peuple et pour sa colèreDans le cimetière d'Ivry
Quoi qu'on fasse et quoi qu'on efface
Le vent qui passe aux gens qui passent
Dit un nom Gabriel PériVous souvient-il ô fusilleurs
Comme il chantait dans le matin
Allez c'est un feu mal éteint
Il couve ici mais brûle ailleursDans le cimetière d'Ivry
Il chante encore il chante encore
Il y aura d'autres aurores
Et d'autres Gabriel PériLa lumière aujourd'ui comme hier
C'est qui la porte que l'on tue
Et les porteurs se subtituent
Mais rien n'altère la lumièreDans le cimetière d'Ivry
Sous la terre d'indifférence
Il bat encore pour la France
Le coeur de Gabriel PériLouis Aragon





clics
