L'importance du langage, la résistance à la pression & la rationalisation pour éclairer la publicité
Par yves le mercredi, février 22 2006, 22:19 - Information et medias - Lien permanent
Je continue avec cette série de billets que j'ai entamé par ce coup de gueule sur l'utilisation de l'image des femmes par la publicité, problème hélàs récurrent mais qui commence à envahir jusqu'au logiciel libre.
L'importance du langage, les expériences de Milgram et Asch (psychologie sociale) pour expliquer le fonctionnement de la pression sociale.
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Je continue avec cette série de billets que j'ai entamé par ce coup de gueule sur l'utilisation de l'image des femmes par la publicité, problème hélàs récurrent mais qui commence à envahir jusqu'au logiciel libre.
L'importance du langage
Normand Baillargeon débute son Petit cours d'autodéfense intellectuelle, livre dont je vous recommande vivement la lecture, par un chapitre sur le langage. Il y aborde (entre autre) la façon dont le langage est utilisé pour dénoter/connoter («perte collatérale» à la place de «mort de civil»), pour son imprécision, pour jargonner; il y aborde aussi la notion d'ambiguïté et explique la nécessite de définir ce dont on parle.
Il m'a semblé anormal de revendiquer la liberté d'expression pour justifier de laisser utiliser l'image de la femme comme elle l'est dans le code publicitaire. J'ai donc expliqué pourquoi l'expression publicitaire ne pouvait pas revendiquer la liberté d'expression dans mon précédent billet d'une part, et dans un commentaire chez Swâmi Petaramesh, que je reprend ici:
La publicité n'est pas une expression pouvant revendiquer la liberté d'expression, parce que ce n'est pas une expression véhiculant une opinion.
Le message publicitaire peut être vrai ou faux («Yaourt Machin aux oligos-éléments: ce qu'il vous fait à l'intérieur se voit à l'extérieur»), les publicitaires s'en foutent. Ce qui les intéressent c'est que les gens en achètent. Ils sont prêt à dire n'importe quoi pour cela. Raison pour laquelle il a fallu interdire la publicité mensongère. Ce n'est pas une question d'opinion, c'est une question de moyen autorisé ou non pour parvenir à un but qui n'a rien à voir avec une opinion.
Voltaire aurait probablement été très surpris de penser qu'on puisse revendiquer son «je ne suis pas du tout d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puiisiez le dire» pour justifier le droit à faire vendre du jus d'orange en montrant des femmes nues.
Oui, revendiquer la liberté d'expression pour le message publicitaire, c'est incongru. Je persiste. Le liberté d'expression ne s'applique pas à tous les types messages.
Comme je ne suis pas décidé à laisser les publicitaires détourner la liberté d'expression de son sens, voici la définition de celle-ci dans la déclaration universelle des droits de l'homme (article 19):
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Le publicitaire n'est pas un individu répandant une opinion ou une information, c'est un individu cherchant à faire acheter par tous les moyens. La liberté d'expression ne s'applique pas à son cas. Ceux qui se battent pour la liberté d'expression dans les pays ou elle est menacée ne se battent pas pour avoir le droit de faire acheter des yaourts en montrant des femmes nues.
La pression sociale: expériences de psychologie sociale
Swâmi Petaramesh doute[1] que les effets de la stéréotypisation des femmes puissent être aussi nombreuses que l'augmentation de la chirurgie esthétique, le tartinage de crème, l'augmentation de la consommation de produits lights, l'augmentation des troubles du comportement alimentaires et le maintien de la domination des hommes sur la socitété. les quatres premiers relèvent de la soumission à l'idée qu'il faut être (ou devenir) beau et mince; c'est une pression par l'image qu'il faudrait renvoyer. La dernière relève du comportement social (absence d'ambition) et relève d'une pression sur l'image (la mise en scène) du rôle des femmes dans la société telle quelle est renvoyée par la publicité.
Jérôme ajoute en commentaires ici et là (je suppose que c'est le même auteur), que les femmes disposant du libre-arbitre, si elle vivent cela c'est qu'elle le veulent bien:
Les arguments évoqués ne sont pas bons, qu'ils appartiennent principalement à un choix des femmes en général, et pas des hommes. Il reste beaucoup de choses à faire pour l'égalité, mais une bonne partie est du coté féminin... Au risque de vous déplaire, c'est vos consoeurs qu'il faut motiver a changer d'opinion.
L'expérience de Milgram
Tout ceci me conduit à parler d'autres expériences sur les effets de la pression sur le comportement. La première est très connue, elle est d'ailleurs évoquée dans un des billets pornographiques de Garfieldd, c'est l'expérience de Milgram.
Voici la façon dont Normand Baillargeon en parle (c'est dans le livre, et aussi dans la version (très) courte en PDF):
Nous sommes au milieu des années soixante, à l'Université Yale. Vous avez répondu à une petite annonce parue dans un journal et vous vous présentez au laboratoire de psychologie pour participer à une expérience portant sur les effets de la punition sur l'apprentissage. Un autre volontaire est là et un chercheur en blouse blanche vous accueille. Il vous explique que l'un de vous deux va enseigner à l'autre des suites de paires de mots et qu'il devra le punir s'il se trompe, le punir en lui administrant des chocs électriques d'intensité croissante. Un tirage au sort vous désigne comme le professeur et l'autre volontaire comme l'élève. On vous conduit dans la salle où se tiendra l'élève et on vous montre la chaise où il sera assis; on vous administre une faible charge électrique pour vous montrer de quoi il retourne. Vous êtes présent pendant que l'on installe l'élève sur sa chaise et qu'on lui place une électrode.
Vous retournez ensuite dans la pièce adjacente avec le chercheur qui vous a accueilli. Il vous installe devant la console que vous opérerez. Les chocs que vous donnerez s'échelonnent de 15 à 450 volts, progressant par 15 volts. Des indications sont inscrites à côté des niveaux: “choc léger”, “choc très puissant: danger”. À partir de 435 volts il n'y a que: XXX. L'expérience commence. À chaque fois que l'élève se trompe, vous administrez un choc, plus fort de 15 volts que le précédent. L'élève se plaint de douleurs à 120 volts; à 150 volts, il demande qu'on cesse l'expérience; à 270 volts, il hurle de douleur; à 330 volts il est devenu incapable de parler. Vous hésitez à poursuivre? Tout au long de l'expérience, le savant n'utilisera que quatre injonctions pour vous inciter à continuer: veuillez poursuivre; l'expérience demande que vous poursuiviez; il est absolument essentiel que vous poursuiviez; vous n'avez pas le choix, vous devez poursuivre.
Vous l'avez deviné: le tirage au sort était truqué, l'élève est un complice, un comédien qui mime la douleur. Bref: c'est vous qui êtes le sujet de cette expérience. Avant de la réaliser, Milgram a demandé à des adultes des classes moyennes, à des psychiatres et à des étudiants, jusqu'où ils pensaient qu'ils iraient. Il leur a aussi demandé jusqu'où ils pensaient que les autres iraient. Personne ne pensait aller, ou que les autres iraient, jusqu'à 300 volts. Mais lors de l'expérience menée avec 40 hommes, âgés de 20 à 55 ans, 63% allaient jusqu'au bout, administrant des décharges de 450 volts.
Les détails de l'expérience, sur lesquels nous ne pouvons nous étendre ici, donnent froid dans le dos. L'expérience de Milgram a été abondamment commentée, reprise, discutée. Mais cette étude expérimentale de la soumission à l'autorité reste une contribution incontournable à notre connaissance de la nature de l'autorité et de son pouvoir à nous faire agir de manière irrationnelle. La leçon que doit retenir le penseur critique est la suivante: Ne jamais, jamais accepter de prendre part à une expérience de psychologie à l'Université Yale. Non, ce n'est pas ça. Bon … J'y suis: il faut penser avant d'obéir, toujours se demander si ce qu'on nous demande est justifié, même si la demande provient d'une autorité prestigieuse.
On est loin de la pression indirecte des messages publicitaires répétés en permanence. C'est vrai. Mais c'est un résultat important à connaitre, juste pour savoir que la notion de libre arbitre est assez relative devant une pression. Que faire pour être sûr de résister? Est-ce que faire preuve d'empathie suffit?
L'expérience de Asch
Une autre expérience correspond mieux au fonctionnement de la publicité. c'est l'expérience de Asch sur le conformisme, J'emprunte également sa présentation à Normand Baillargeon:
Vous êtes encore une fois volontaire pour une expérience. On vous conduit dans une pièce où se trouvent neuf chaises disposées en demi-cercle. On vous installe sur l'avant-dernière et peu à peu tous les sièges sont occupés par d'autres participants. On vous projette alors deux cartes simultanément. Sur la première figure une seule ligne, de huit pouces; la deuxième comporte trois lignes, de 6, 8 et 10 pouces respectivement. On vous demande d'identifier la ligne de la deuxième carte qui correspond à la ligne de la première carte. Facile comme tout! Les participants situés à l'autre bout du demi cercle se prononcent avant vous. Stupeur: ils ne donnent pas la bonne réponse. Tous optent pour la mauvaise ligne. Bien entendu, ce sont tous des complices, encore une fois. La question est: que ferez-vous à votre tour de parler?
Ici encore, les résultats de l'expérience, de manière consistante, ont été troublants. Plus du tiers des sujets se ralliaient à l'opinion du groupe; 75% se ralliaient au moins une fois.
Moralité? Le conformisme est dangereux et il faut, toujours, penser par soi-même. C'est toujours difficile, parfois inconfortable, mais indispensable.
Voilà de quoi expliquer qu'un si grand nombre de personnes suivent la mode et répondent aux pressions telles que celles induites par la répétition de la présentation des stéréotypes publicitaires.
La rationalisation
Une autre notion qui peut apporter un éclairage sur le comportement des femmes qui «choisissent» de subir les taches ménagères est la rationalisation. Losqu'on a un comportement dicté par une pression sociale qui a commencé extrêmement jeune, prétendre que c'est un choix peut pemettre d'éviter une situation intellectuellement incofortable.
D'après Wikipedia :
On nomme rationalisation le processus inconscient ou non par lequel un individu possède une certaine tendance à considérer comme des choix personnels dictés par une attitude rationnelle ce qui est souvent le résultat de concours de circonstances.
La rationalisation prend parfois des chemins très tortueux. Une expérience consiste à mettre des sujets aux commandes d'un simulateur de vol qui est à leur insu en mode de démonstration, c'est-à-dire que l'avion qu'ils pilotent a une trajectoire sans rapport avec les commandes qu'ils appliquent. On constate que la plupart des expérimentateurs se créent des systèmes explicatifs de plus en plus sophistiqués pour justifier la différence entre le comportement de l'avion et les commandes qu'ils lui donnent (vent, inertie de réaction, dysfonctionnement de volets de direction ou du moteur, etc.) Ces expériences éclairent d'un jour intéressant les considérations classiques sur l'impression de libre arbitre.
Cette notion est un cas particulier de la résolution d'une dissonance cognitive, provoquée par l'incohérence entre le comportement et les idées.
Ce petit éclairage n'a pas pour but d'expliquer à lui seul les comportements humains sous la pression de la publicité et des medias; Mais j'espère qu'il vous apportera quelques éléments de réflexion si vous ne connaissiez rien de ces résultats.
Pour aborder le domaine plus vaste de la pensée critique et des outils qui vont avec, je vous recommande vivement le livre de Normand Baillargeon.
Notes
[1] et il a raison de douter, c'est une saine attitude: Swâmi Petaramesh, Guru Sceptique !





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Commentaires
Quelques brèves remarques :
Je te rappellerai par exemple que, si le code source du logiciel de cryptographie PGP a pu être légalement exporté des U.S.A. vers l'Europe sous forme imprimée dans les années 199x, puis scanné en Europe pour être recompilé, alors que le logiciel sous forme binaire ne pouvait pas être légalement exporté des U.S.A. car il était bloqué par les lois réglementant l'exportation de logiciels cryptographiques, c'est bien parce que le code source imprimé du logiciel était protégé par le premier amendement de la constituion U.S., celui sur la liberté d'expression.
Or, on ne peut pas dire qu'un code source de programme informatique véhicule une opinion.
Alors ?
Tu vois où je veux en venir. Si tu acceptes n'importe quelle limitation à la liberté d'expression, alors tu donnes le moyen pour tous ceux qui veulent faire taire n'importe quelle expression qui leur déplaît, de le faire à n'importe quel prétexte fumeux. Y compris part voie judiciaire, quitte à perdre un procès, cela suffit à faire taire quelqu'un qui n'a guère les moyens financiers de se défendre.
La liberté d'expression doit être totale, ou elle n'est pas. A la miniscule exception des lois actuelles sur la calomnie / diffamation / injures (et encore...), parce qu'il est logique d'interdire qu'une affirmation mensongère ou calomnieuse ne puisse créer un préjudice direct à un tiers.
Par ailleurs, l'expérience de Milgram ne me semble pas être adaptée à ce que tu veux démontrer. Il s'agit d'une expérience sur la réaction des gens face à l'autorité qui leur ordonne de faire ce que, normalement, leur propre ethique ou morale empêcherait. C'est une expérience que l'on peut évoquer quand on parle, par exemple, du comportement des officiers allemands pendant la 2e guerre mondiale (je baisse la tête pour éviter un vol de points Godwin ;-) mais pas, à mon sens, pour la publicité, car premièrement, la publicité n'est pas une autorité au sens de l'expérience de Milgram, et, deuxièmement, elle ne te pousse généralement pas à faire des choses que ta morale ou éthique t'empêcheraient normalement de faire.
L'expérience de Asch est ici plus pertinente, et plus intéressante. Mais pour autant je la balaie d'un revers de la main avec un péremptoire : Ce n'est pas parce que la plupart des gens se comportent comme des moutons que cela justifie que l'on veuille contraindre toute personne désireuse d'ouvrir sa gueule à se conduire en bon berger responsable. Selon quels critères d'ailleurs ?
P.S.: Ta favicon.ico qui clignote en permanence là-haut, c'est casse-couilles au possible... Et en plus, ça gaspille de la CPU pour des prunes. Tu ne pourrais pas changer ça ?
Sondage : Qui est d'accord avec moi ? ;-))
Tu as du lire un peu vite je reprécise:
Le Congrés ne fera aucune loi [...]ni qui restreigne la liberté de parole ou de la presse... Rien ne peut empêcher aux USA un journal de publier une incitation à la haine raciale ? Soit. Par contre il suffit de considérer qu'un site internet n'est pas une publication de presse ni de diffusion de parole, et on peut limiter la liberté d'expression sur internet. Un blogueur a d'ailleurs été contraint de révéler ses sources alors qu'un journaliste aurait été protégé. La liberté d'expression protégée pour les professionels de la profession seulement...
Ne te vante pas d'obtenir un point Goldwin si facilement; d'après Wikipedia c'était une des motivations de Milgram d'étudier cela:
Milgram affirme non seulement que les structures sociales sur lesquelles se fonde le fascisme n'ont pas disparu, mais qu'elles se sont modernisées, gagnant ainsi en efficacité. Il en conclut que l'exercice du libre arbitre est non seulement indispensable sur le plan intellectuel mais qu'il est salutaire dans les faits.
Ben, si tu avais passé autant de temps que moi à écrire des conneries sur ton blog aujourd'hui, ça t'aurait laissé aussi peu de temps qu'à moi pour lire les blogs des autres en profondeur ;-)
Non, blague dans le coin, j'ai pris le temps de te lire avant de te répondre, c'est la moindre des choses.
Ah, tu vois une grosse différence entre liberté d'expression et liberté de parole [et] de la presse ? Moi, je n'y vois qu'une différence de formulation.
En France, un site Internet ressort des lois sur la presse, va lire chez Maître Eolas pour t'en persuader. Par contre, tu et je ne disposons pas d'une carte de presse car nous ne sommes pas journalistes professionnels, et, de ce fait, nous ne bénéficions (hélas) pas des aménagements particuliers que la loi accorde au statut de journaliste.
Pour le reste, je te renvoie aux arguments que j'ai déjà plusieurs fois formulés.
Amicalement.
Flûte, tu as répondu trop vite.je voulais ajouter un truc en corrigeant discrètement.
Le code source de programme informatique véhicule une idée appelée communément un algorithme. C'est le point clef de la lutte contre les brevets logiciels, d'ailleurs. La liberté d'expression concerne les informations, les idées et les opinions, d'après la déclaration universelle des droits de l'homme. J'ai limité à opinion un peu vite, je l'admets; je n'avais pas pensé à regarder sa définition officielle, qui me convient finalement assez bien. Mais la liberté d'expression dans cette acception permet bien la diffusion du code source de PGP. Ou au moins de l'algorithme écrit en bon anglais, ce qui en théorie revient au même. Mauvais exemple.
tu vois une grosse différence entre liberté d'expression et liberté de parole [et] de la presse ?
Oui. Tu as le droit de dire ce que tu veux mais pas de le diffuser par écrit, sauf si tu tiens un organe de presse.
La protection des sources, c'est une partie de ce qui garantit la liberté d'expression. Il n'y a de liberté d'expression que pour les journalistes si les particuliers ne peuvent pas protéger leur source. Et à l'heure d'Internet, les journalistes ont perdu le monopole de production des informations. Bénéficier (ou dépendre ) de la loi sur la presse n'est pas suffisant our constater qu'on jouit de la liberté d'expression.
Ta favicon.ico qui clignote en permanence là-haut, c'est casse-couilles au possible... Et en plus, ça gaspille de la CPU pour des prunes. Tu ne pourrais pas changer ça ?
Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh ! Dieu !... Bien des choses en somme.
En variant le ton, -par exemple, tenez :
Agressif : "Moi, ma favicon clignotante
Il faudrait sur-le-champ que je l'eiteignasse !"
Amical : "Mais il perturbe ceux qui lisassent :
Pour eux, faites-leur une version qui chante !"
Descriptif : "C'est un p'tit!... un moyen!... C'est un gros!...
Que dis-je, c'est un gros?... De nouveau minuscule!"
Curieux : "De quoi sert cette clignotante caspule ?
De webblogue, monsieur, ou de jeu video ?"
Gracieux : "Aimez-vous à ce point les idiots
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De montrer ce miroir à leurs petits cerveaux?"
Truculent : "monsieur, lorsque vous écrivite,
Les flashs des images vous sortirent-elle du site
Sans qu'un neuneu ne ne crie au génie de la bite ?"
Prévenant : "Gardez-vous, votre blog entraîné
Par cela, de tomber vers le plugin flash !"
Tendre : "Faites-lui faire un petite tache
De peur que sous IE sa couleur ne se lache !"
Pédant : "la maladie, que le Charaka Samhita
apelle apasmara, est l'épilepsie dont les maux
sont favorisés par ce clignotement haut !"
Cavalier : "Quoi, l'ami, ce gif est à la mode?
Pour feindre son blaireau, c'est vraiment très commode !"
Emphatique : "Un navigateur ne peut animer un tel box,
l'exposer en entier, excepté firefox !"
Dramatique : "Ça augmente trop, ça consomme
la CPU, lamentable pour la couche d'ozone!"
Admiratif : "Pour un blog de clown, qu'elle enseigne !"
Lyrique : "Un girophare, êtes-vous un pimpon ?"
Naïf : "Cette image, comment l'arrête-t-on?"
Respectueux : "Souffrez, monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle une favicon qui tue !"
Campagnard : "Hé, ardé ! C'est-y un site ? Nanain !
c'est queuqu'frontpage de djeun ou queuqu'parodie d'vieux !"
Militaire : "Décryptez ce code secret !"
Pratique : "Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, du site le plus laid ce sera le gros lot !"
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot:
"Le voilà donc ce gif qui du blog de son maître
A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître !"
- Voila ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit :
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettre
Vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permet pas qu'un autre me les serve.
Je sais plus trop où j'ai piqué cette idée de réponse.
Bon, de toute façon l'image est pas assez visible comme ça il faut que je trouve autre chose. Une version tournante peut-être?
Touché, messire, je ne puis qu'applaudir !
Oui, ta favicon qui clignote est dérangeante pour les yeux, quoiqu'on fasse elle interfère dans le champ visuel (du moins pour ceux qui n'ont pas de problème de champs visuel), c'est aussi insuportable que ces gifs animés et autres flash qu'on prend malin plaisir à supprimer avec "adblock" sous Firefox, ce truc salvateur qui rend au web son contenu en éliminant avec joie cette polution visuelle permanente.
Bien sûr chacun à une perception différente, une vision différente; ainsi je suis souvent surpris de voir des gens travailler à longueur de journée sur des écrans cathodiques dont le taux de rafraîchissement n'est pas optimal, ce qui ne paraît pas les gêner, alors qu'immédiatement je suis trés gêné par ce phénomène de balayage.
Simplicité, clarté, lisibilité doivent rester à l'esprit, surtout sur un blog, où ce qui compte c'est quand même le contenu avant le contenant.
Ton ancien blog était plus sympa en proposant plusieurs thèmes ce que ne propose pas celui-ci... y-aurait-il régression en fonctionnalités ?
@pla: tu as raison, je reprends tes explications ici pour expliquer pourquoi j'ai changé l'icone.
Concernant les styles, je compte en remettre plusieurs, au moins une version 'nue' avec le style de base, mais il faut que je les adapte au système trois colonnes, qui utilise une catégorie de billets d'usage spécial: Brèves.
Vous écrivez à propos de la liberté d'expression : «(...) de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
On parle donc bien aussi d'idées.
Parmi ces moyens d'expression figurent donc forcément les productions culturelles.
Et l'expression publicitaire est une production d'idées culturelles (comme peut l'être aussi un journal, un journal télévisé) au sens où elle est sous-tendue par un imaginaire collectif prenant sa source dans les attitudes sociales, les aspects intellectuels, les moeurs de notre société.
Il suffit de regarder le journal de TF1 à 13h pour comprendre l'expression « s'inscrire dans un imaginaire collectif ».
Un publicitaire est donc « condamné » pour réussir à inscrire sa publicité dans le champ de nos « valeurs » et croyances sociétales (au sens large).
L'intérêt de la société pour l'écologie a vu proliférer les pubs utilisant des arguments écologistes ; le règne de l'enfant roi nous amène des pubs dans lesquelles l'enfant « apprend » à ses parents ce qu'il est bon de consommer comme produits ; on vantait la vitesse des voitures, on vante maintenant leur sécurité, etc etc
Ce que je veux dire, c'est que la production culturelle publicitaire fait partie d'un système (auquel s'applique la loi d'homéostasie) et que dans un système, tout ce qui est à la marge est exclu ou s'exclut (exemple les anarchistes).
La publicité ne peut donc par définition (obligation de réussite) être autre chose qu'un reflet de la société dans laquelle elle s'inscrit.
Et une publicité « en rupture » est automatiquement sanctionnée par le courrier des téléspectateurs ou des lecteurs.
Ce qui est arrivé d'ailleurs pour un pub dans laquelle on voyait deux homosexuels se manifester des signes de tendresse.
Et donc cette question : censurer la liberté d'expression de la pub ou modifier la société ? Casser le thermomètre ou soigner la maladie ?
Je relève aussi que s'il faut interdire la liberté d'expression de la publicité parce quelle veut vendre, comment alors aborder celle des hommes politiques qui veulent se vendre et qui utilisent la pub pour le faire ??
"L'expérience de Milgram ne s'applique pas à la publicité, je sais je l'ai fait remarquer moi-même." Pas d'accord. Dès que la pub fait intervenir une blouse blanche, ou n'importe quel symbole d'authorité (la blouse blanche, c'est l'authorité scientifique toute puissante), on est en plein dans Milgram. Si la science le dit... Si c'est testé dermatologiquement... S'il y a des enzyme de noix de coco... Des trialphaaminases de tortue ? Ça ne peut être que bon ce truc... Etc..
Ah au fait. On aura avantage pour alimenter le débat à lire cet article du monde diplomatique : http://www.monde-diplomatique.fr/2004/09/BRUNE/11449.
J'ajoute en complément le décret n°92-280 du 27 mars 1992 qui précise dans son article 3 que «la publicité doit être conforme aux exigences de [...] respect de la dignité de la personne humaine», dans son article 4 que «la publicité doit être exempte de toute discrimination en raison de la race, du sexe ou de la nationalité, de toute scène de violence et de toute incitation à des comportements préjudiciables à la santé» et qui interdit la publicité clandestine dans son article 9.
Personnellement je ne pense vraiment pas que ce décret constitue une atteinte à la liberté d'expression.