Le traitement de texte et le correcteur
Par yves le mardi, février 7 2006, 14:37 - GCompris - Lien permanent
J'ai parlé du traitement de texte à l'école maternelle, et j'avais dit tout le bien que je pensais du logiciel Abiword, qui est un logiciel libre, et gratuit.

Abiword suffira largement au moins dans les écoles maternelles et primaires, pour un usage en classe par les enfants. L'enseignant, lui, peut avoir intérêt à préférer OpenOffice.org, et à y adjoindre des outils pour se faciliter la vie, par exemple pour les maths et pour l'histoire-géographie. À partir du collège, l'utilisation d'openoffice semble un plus, surtout pour son tableur et son module de dessin.
Ces deux outils comportent des correcteurs orthographiques. Il me semble qu'il s'agit dans les deux cas d'un travail autours de Myspell, ils auront donc des résultats similaires. Cette correction, purement orthographique, a une mauvaise réputation par rapport aux correcteurs inclus dans MS Word(TM). Jean Véronis a eu la bonne idée de les comparer, et cette mauvaise réputation semble largement exagérée, même si le correcteur d'OpenOffice.org est actuellement légèrement en retrait[1].
Il semble donc qu'OpenOffice.org, et Abiword (qui a le même système), soient capable de tenir la route au niveau de la correction également. Il n'y a donc aucune raison de se priver de les utiliser.
Un correcteur à quel moment ?
Ceci étant dit, à quel moment utiliser un correcteur à l'école? Ma réponse est simple: jamais[2] ! Il est très facile de désactiver le côté automatique de ces corrections, il ne faut pas hésiter à le faire.
L'école est le lieu où l'on apprend l'orthographe, où il faut apprendre à réfléchir à ce que l'on écrit, à comment on l'écrit, et où il faut se rappeler les règles à employer, les racines, et les moyens mnémotechniques qui permettent de maîtriser l'orthographe. Par exemple on remplace «et» par «et puis» pour lever l'ambiguité entre «et» et «est», on met un verbe en dre pour décider s'il faut mettre un participe passé ou un infinitif, etc.
Un adulte peut rappeler ces règles lorsqu'il corrige des fautes, permettant leur mémorisation par ses élèves. Un ordinateur ne le fera jamais. L'école est un lieu pour apprendre à maîtriser des savoirs, se soumettre au savoir d'un ordinateur ce n'est pas maîtriser c'est subir. Cette raison fondamentale pour moi s'applique également aux calculatrices. Un autre point commun, est la dépersonalisation: ce n'est pas la même chose pour un enfant qui apprend de voir dans le regard d'un adulte «tu sais écrire sans faire (trop) de fautes» que de le constater sur l'écran d'un ordinateur.
Notes
[1] l'écart devrait augmenter avec la réouverture du chantier chez Microsoft.
[2] Ce en quoi je suis en désaccord avec les circulaires officielles.







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