Lien hypertexte: les statisticiens s'en occupent
Par yves le mercredi, octobre 6 2004, 09:12 - C2i - Lien permanent
J'ai déjà parlé du problème posé par les tentatives de contrôles des liens internet pointant vers son site. Un élément essentiel est la compréhension du Web lui-même: l'hyperlien en est un des éléments fondamentaux, il est la voie qui permet de se déplacer d'un site à un autre.
Extrait de la recommandation du forum des droits sur l'internet:
Personne n’est obligé de créer un site, d’établir un lien ou de « surfer » sur le web. Cela veut dire qu’à partir du moment où une personne décide de mettre en ligne une ressource sur l’internet, elle doit en accepter le fonctionnement, l’esprit et les règles implicites.
L’hyperlien est un élément essentiel du fonctionnement du web. Il permet un cheminement, c’est-à-dire le passage d’un site à un autre, donc d’une propriété à une autre, soit que l’on reste devant le site, soit que l’on pénètre à l’intérieur pour le traverser ou en faire la visite94. Il y aurait seulement à répondre, de la part de celui qui utilise le lien, d’un abus de cette utilisation, d’abord sur le terrain du droit commun et ensuite sur celui d’un droit spécial en invoquant, par exemple, dans le droit de la propriété littéraire et artistique, la contrefaçon.
Bien entendu, on trouvera toujours des gens qui viennent sur Internet parce que c'est la mode, mais qui voudraient contrôler ce qui se dit d'eux et la façon dont on peut commenter ou utiliser leurs informations, au nom de leur «politique éditoriale»; c'est le cas] de l'
, par exemple:
L'Insee est favorable à l'établissement de liens URL avec son site www.insee.fr et les sous-sites associés. Toutefois, pour permettre à l'Insee de s'assurer que la nature et l'environnement du site d'accueil rendent opportune la mise en place de ce lien et vérifier que les informations sont diffusées sur le site d'accueil dans les conditions requises, l'établissement d'un tel lien est subordonné à l'accord préalable de l'Institut. Cet accord est matérialisé par une lettre d'autorisation adressée par le département de l'offre éditoriale au demandeur. L'Insee se réserve le droit de résilier à tout moment cette autorisation s'il estime que le lien n'est plus conforme à sa politique éditoriale.
Il faut le rappeler: le Web, c'est des sites, et des liens entre ces sites. Vouloir contrôler les liens qui arrivent sur un site, c'est n'avoir rien compris à l'esprit du Web. Les seuls cas dans lesquels cela peut se justifier, c'est la violation d'un droit particulier (usage de frame pour s'approprier le contenu[1], site artistique conçu pour être vu dans un sens précis[2], perturbation de la concurrence, texte diffamatoire associé au lien,... ).
Mais il y a bien plus dans ce que je dois bien appeler cette page délirante de l'
:
Le lien doit être établi, non sur le logo, mais sur le mot INSEE en lettres noires sur fond blanc, inscrit dans un rectangle aux dimensions maximales de 25 mm/9 mm. Vous pouvez utiliser ce modèle :
.
Rappelons que mettre une image là ou il n'y a que du texte, c'est interdire aux mal-voyants d'agrandir les caractères pour leur confort de lecture[3]. Et imposer la couleur, c'est nuire à l'esthétique que s'est choisi l'auteur du site[4]! Si j'osais, j'ajouterais qu'ils ont oublié qu'ont pouvait mettre des liens sous un texte plutôt que sous une image.
Ils veulent pas écrire eux-même les sites dans lesquels on parle d'eux, à l'
? Ça serait tellement plus simple...
Notes
[1] contrefaçon.
[2] et encore faudrait-il que l'auteur utilise des moyens techniques pour s'en assurer.
[3] ce qu'on appelle un site non accessible.
[4] par exemple un fond de texte transparent sera opaque dans ce cadre.



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Commentaires
S'il n'y avait que l'INSEE...
Il y a deux mois, j'ai fait une vingtaine de liens 'sauvages', et je l'ai signalé à chaque webmestre des sites concernés. Résultat ? Cinq adresse mails érronnées, deux réponses, dont une qui 'contredit' le site internet.
Cf. talath.no-ip.info/~carmin...
J'ai le sentiment que beaucoup de sites placent ces limitations en faisant un amalgame entre le lien habituel (simple ou profond) et la reproduction de données en utilisant un lien (image externe, pages inclues dans une frame). Seul le deuxième cas constitue une appropriation violant le droit d'auteur. Il y a aussi des tentations pour contrôler l'usage (et donc la critique) de l'information, c'était beaucoup plus manifestement le cas des J.O. d'Athènes.
Exactement. De toutes façons, je pense que le droit de la presse est de notre côté, puisqu'un journal à le droit d'une part de citer les références qui permettent de trouver une source (ce qu'est finalement un lien : une référence permettant de trouver une source. L'immense différence, c'est que la recherche prends un quart de seconde sur le net, et deux semaines IRL), et qu'on a aussi le droit de courte citation à des fins d'illustration du propos.
Le fait qu'un Internet dépende pour partir de la loi sur la presse de 1881 (?) à des inconvénients, mais aussi des avantages.
En fait, je pense que, pour des sites hébergés en France en tout cas, toutes ces demandes d'autorisation tiennent de la tentative d'intimidation plus que du droit.
Effectivement.
Les cadres qui pondent ces règles idiotes sont probablement "largués" devant le phénomène du web.
Ils ne saisissent pas que le principe du web dérive directement du principe de publication universitaire, avec références croisées, bibliographie. Pour eux, le web n'est qu'un supermarché virtuel.
Raison pour laquelle ils appliquent des règles dérivant du droit commercial, et non du droit commun sur l'oeuvre de l'esprit.
J'avais déjà fait cette remarque lors des JO 2004. Il y a là une sorte de manie du contrôle: tout internaute est traité comme un client potentiel... ou un concurrent.
[+++++++++++]
Belle démonstration de la stupidité de certains organisme qui ne comprennent rien au Web.
Restons poli. Placer une insulte ainsi est inutile, et évite de se demander le pourquoi d'une telle attitude.
Il y a une méconnaissance du web. et certainement un apriori négatif qui induit de vouloir contrôler tout ce qui les concerne. Si on cherche un qualificatif, «crainte» ou «peur» pourraient convenir. L'ignorance provoque des peurs irrationnelles. Ce n'est certainement pas de la stupidité.
Il faut aussi vous rappeler que derrière ce que vous qualifiez d'«organisme» se cachent des gens, et que ces gens craignent peut-être de se voir reprocher personnellement des détournements de données diffusées sous leur responsabilité sur Internet. C'est une peur irrationnelle assurément, mais pas de la stupidité.
Amha, ce n'est pas des cadres quelconques, mais plutôt des prestataires: Avocats et autres "conseillers en stratégie de communication" etc.
Au fait, ou en est le projet "Palladium"?
Attention tout de même, le texte de l'insee déclare :
"le mot INSEE en lettres noires sur fond blanc, inscrit dans un rectangle aux dimensions maximales de 25 mm/9 mm".
Il n'est pas dit qu'il faut une bordure immonde et une taille exessive.
L'exemple est un peu abusif, il me semble.
En fait, la rédaction du texte est peut-être maladroite. S'ils veulent interdire l'utilisation de leur logo, ce qui est normal, autant le dire clairement, plutôt que cette histoire de liens.
Je n'ai fait que reprendre le modèle proposé sur leur site, histoire d'insister sur le côté ridicule de cette formulation. Vous avez raison, c'est bien l'interdiction de logo qui est là-dessous, et qui est normale (le logo est une oeuvre protégée).
Et il n'empêche que l'obligation de demander l'autorisation est douteuse.
Si je comprend bien , je ne dois pas faire de lien du style :
<a href="insee.fr>insee.fr : exemple de site nul </a>
sans en parler à <a href="insee.fr>M. INSEE </a>?