J'ai déjà abordée le nécessaire recul à prendre face aux informations. J'ai dénoncé l'amalgame internet-mensonge véhiculé largement par les médias classiques. Pour approfondir cette question, voici un exemple sorti tout droit d'internet.

Wikipédia

Wikipédia est une encyclopédie en ligne sous forme de wiki. Son principe est basé sur celui des logiciels libres, c'est-à-dire que les articles sont librement modifiables par tous. N'importe qui peut écrire ou modifier un article.

Vous pouvez lire des articles comme celui sur les baleines, qui a l'air pas mal, ou celui pour les TICE qui semble encore incomplet.

Une question qui semble découler directement du système choisi, le wiki, est celle de la véracité, de la crédibilité, de pertinence des informations: quelle confiance peut-on avoir dans une encyclopédie comme celle-ci, sans relecteur, ouverte à tous les contributeurs? Wikipédia tente de répondre à cette question, bien sûr:

La question de la crédibilité de l'information est une question à se poser en permanence lorsque nous lisons un journal, écoutons la radio, regardons la télé ou lisons un article de Wikipédia. La seule différence avec Wikipédia, c'est que si vous trouvez quelque chose qui vous semble faux, vous pouvez le corriger immédiatement, et n'oubliez pas, un article c'est la version du jour plus son historique, des milliers d'yeux et des milliers de mains essaient de faire leur travail honnêtement.

Cela rejoint mon point de vue selon lequel le recul vis-àvis de l'information est une nécessité quel que soit le média. Wikipédia ne déroge pas à cette règle. Wikipédia a aussi quelques arguments plus convaincants pour répondre à ces critiques habituelles.

Enfin, pour compléter cette partie sur Wikipédia, un article de Jean-Baptiste Soufron analyse les dernières critiques subies par Wikipédia. En voici deux extraits:

Sur la pérennité

Des preuves ? Pour commencer, on peut invalider l’argument de la documentaliste du Post Standard qui prétend que l’encyclopédie ne peut pas assurer la perennité des informations qu’elle propose parce qu’elle laisse n’importe quel utilisateur accéder à ses données pour les modifier. Des chercheurs d’IBM, ont pourtant représenté la façon dont Wikipedia résistait au vandalisme et aux modifications sauvages ou mal-intentionnées en étudiant comment une page avait été effacée et restaurée par les wikipédiens. Ils ont découvert que, en moyenne, les pages étaient restaurées en moins de cinq minutes en sachant qu’ils n’ont pas pris en compte le fait que les pages qui étaient réparées par les wikipédiens étaient parfois modifiées et redirigées ailleurs, ce qui fait que le temps moyen de réparation est probablement encore inférieur à ce chiffre pourtant impressionant de 5 minutes.

Sur la pertinence scientifique

Autre élément à apporter au débat. Edward F. Felten est le rédacteur d’un célèbre blog juridique et un expert sur le procès antitrust de Microsoft aux USA. Désireux de connaître la qualité de Wikipedia il avait commencé par vérifier la qualité d’une série d’articles en reconnaissant à chaque fois leur grande qualité, jusqu’à rencontrer l’article sur le procès de Microsoft qu’il a trouvé biaisé et de qualité moyenne. Le point était susceptible de remettre en cause la bonne opinion qu’il pouvait avoir de Wikipedia, mais Edward Felten a alors poussé son analyse un peu plus loin en allant consulter l’entrée correspondante dans d’autres encyclopédies pour découvrir qu’aucune encyclopédie commerciale en ligne ou sur papier ne proposait de meilleur article que Wikipedia. Le problème ne venait donc pas tant de Wikipedia elle-même que de la difficulté du sujet à traiter et, à la suite d’un lourd travail de recherche du consensus entre les rédacteurs de l’article, Wikipedia était finalement l’encyclopédie qui apportait la meilleure couverture du sujet.

La page de Wikipédia évoquée dans ce paragraphe est probablement celle-ci.

Je ne résiste pas au plaisir de faire ma conclusion de cette phrase tirée de celle de Jean-Baptiste Soufron:

On peut peut-être déjà se demander quel sorte d’esprit critique on espère développer chez des élèves auxquels on enseigne que la vérité et la connaissance dépendent de la marque de leur encyclopédie.