Il ya des doutes chez les enseignants et chez les futurs enseignants par rapport à l'usage scolaire d'internet. Internet traîne la réputation d'être un lieu ou la perversion, le sadisme, la pédophilie, la violence, la pornographie prolifèrent en liberté[1]. La loi est là qui veille sur nous: le mineur doit être protégé de la pornographie et de la violence.

Alors, on supprime l'accès internet des écoles, collàges et lycées? Ou bien on filtre l'accès. C'est cette solution qui a été retenu par le Ministère de l'Éducation Nationale, les modalités de ce filtrage ont été précisé, et un guide de mise en oeuvre est acessible sur internet, ainsi que des listes noires de sites à filtrer. Le ministère a prévu également un filtrage à postériori des sites visités (pour vérifier que le filtrage a été efficace), ainsi que la signature obligatoire d'une charte pour sensibiliser les familles. L'ensemble du dispositif est présenté sur educnet.

Quelques points sont intéressant à noter:

  • filtrage de la publicité, associée à la violence et à le pornographie. Voilà qui fait plaisir à lire, rappelons juste que l'image de la Femme dans la pub est considérée comme une des causes de l'anorexie. La publicité n'a rien à faire dans un contexte scolaire, on aimerait juste que le ministère le rappelle aux établissements en interdisant les distributions de supports publicitaires.
  • logiciels libres: parmi les solutions de filtrage sont préconisées des proxy (serveurs mandataires) sous Linux, utilisant les logiciels squidGuard et/ou DansGuardian. Il existe des solution quasiment prête à l'emploi pour cela, comme PingOO, EOLE, SLIS, ou Abuledu.
  • pour les écoles?: les solutions par serveur proxy ne sont pas adaptés à l'accès mono-poste de la plupart des écoles. On regrettera que le ministère n'ait pas jugé bon de soutenir Muffin, logiciel libre reposant sur le langage java. Il balaie ce problème de deux phrase:

«Dans ce cas précis, la solution du serveur mandataire n’est peut-être pas la mieux adaptée, notamment pour des raisons de moyens. L’utilisation d’un logiciel de filtrage sur le poste client, au niveau du poste unique, semble plus pertinente, bien que moins performante.

Les magazines « 60 millions de consommateurs » et « le point » ont testé des logiciels proposant ces fonctionnalités. Les résultats sont consultables sur le site de ces éditeurs»...

  • qui doit le faire? Mettre en place un tel filtrage n'est pas du ressort des enseignants. Imaginons que le filtrage ne marche pas à cause d'une erreur de configuration, qui endosserait la responsabilité? Quelqu'un dont l'administration informatique ne sera pas le métier mais qui l'aurait fait quand même? Ajoutons à cela que le filtrage à postériori nécessite du temps, donc des moyens humains [2]. Pour être complet il n'y a plus qu'à rappeler que tout ce qui concerne l'administration et la maintenance est plutôt du ressort des collectivités locales, i.e. des mairies pour ce qui concerne les écoles.
  • Et les sectes? Elles brillent par leur absence dans la description des listes noires. Pourtant les mineurs devraient aussi être protégés de leurs manipulations.

Notes

[1] Cet article et celui-là illustre à quel point cette réputation est parfois exagérée.

[2] cela ne peut pas être confié à des logiciels. Sinon autant le faire à priori