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Information et medias

Réflexions sur l'information et les medias.

Fil des billets

mercredi, août 15 2007

La pub tue

Il faut lire absolument ce billet rapportant les résultats d'une étude sur la pub et les enfants de 3 à 5 ans. La pub favorise la malbouffe, donc l'obésité. J'irai jusqu'à dire qu'elle peut tuer en favorisant les maladies cardio-vasculaires. Elle a la aussi la réputation de favoriser l'anorexie à cause de l'image des femmes qu'elle véhicule.

Résultat: les enfants ont très largement préféré le goût des aliments estampillés McDo, c'est-à-dire quand ils pensaient que ceux-ci venaient de chez McDonald's.

Pour le hamburger, cela été le cas de 48,3 % des enfants, tandis que 36 % ont dit préférer le hamburger qui était emballé dans un sachet neutre et que 15 % ont trouvé le même goût aux deux échantillons. Pour le Chicken Nugget, 59 % ont préféré celui dans l'emballage McDo, 18 % le neutre, et 23 % ont trouvé le même goût aux deux échantillons. Quant aux frites, c'est le record : 76 % ont préféré celles au logo McDo, 13 % celles dans un sachet standard, et 6 % n'ont pas fait la différence. S'agissant du lait, les résultats sont du même ordre (61 %, 21 %, et 17 %). A noter le cas des carottes : alors que ce produit n'était pas à l'époque de l'étude aux menus de McDonald's, les enfants ont, à 54 %, préféré celles emballées McDo ! 23 % ont jugé meilleures celles dans un sachet neutre, et 23 % ont trouvé que c'était kif-kif.

Une lecture de l'enquête nous apprend que deux facteurs sont prépondérants dans cette attitude des enfants: le nombre de télévisions dans la maison et la fréquence des repas au McDo.

On pourra surtout noter les réponses inquiétantes au questionnaire préalable[1] : sept enfants sur dix vont au McDo au moins une fois par mois (un sur quatre au moins une fois par semaine) et il y a 57 % des enfants qui ont la télé dans leur chambre (et nous parlons d'enfants de 3 à 5 ans) !

Les résultats de l'enquete préalable

Ce qui est d'autant plus inquiétant que, comme le dit un des auteurs de l'enquête: les moins de 7/8 ans sont incapables de comprendre les visées persuasives de la publicité et j'ajoute qu'ils sont probablement également incapables de prendre le recul nécessaire en face des flux d'images qu'ils reçoivent ainsi. Ce n'est pas seulement la pub à le télé la question, c'est aussi la place de la télévision dans nos vies.

Deux anecdotes personnelles. Un gendarme, chargé de venir faire de la prévention routière dans les collèges, a expliqué son truc pour repérer les élèves les plus durs: il demandait aux élèves ceux qui avaient la télé dans la chambre, et ensuite, parmi ceux là, ceux qui prenaient en général leur repas dans leur chambre. Ça ne rate jamais !, disait-il. Et une mère de famille regrettait récemment que sa fille passe ses soirées devant la télé. Je ne peux pas m'empêcher de me demander pourquoi elle ne lui éteint pas la télé d'office. Ça doit être sa fille (5 ans) qui décide de ce qui est bien pour elle.

Notes

[1] Notons aussi que ces chiffres ne sont en rien représentatifs de la population américaine. Ce n'était pas le but de l'étude.

mercredi, juin 20 2007

Nouvel anathème du «café pédagogique» contre Wikipedia

Et de trois. Le Café Pédaggique réitère son anathème contre l'usage de Wikipedia dans l'éducation.

Commentaires et explications.

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dimanche, février 25 2007

Les sondages sont-ils truqués ?

Quelques réflexions sur les sondages, en cette période de trop plein.

N'insistez pas je ne répondrai pas à la question contenue dans le titre.

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vendredi, septembre 1 2006

Mise en valeur de l'information - réédition

Il y deux ans, deux inspecteurs du travail étaient assassinés. Le traitement médiatique de cette affaire a été plutôt douteux.

Voici la réédition d'un billet que j'avais écrit à l'époque.

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lundi, juillet 10 2006

L'information aux temps de la publicité

Gabriel García Márquez dans Vivre pour la raconter:
L'inconvénient majeur résidait dans la menace que ces directeurs de salle faisaient planer de suspendre la publicité pour les films - une source de revenus substantielle pour les journaux - si les critiques leur étaient déavorables. El Expectador fut le premier à courir le risque et me chargea de commenter les sorties de la semaine, un simple feuillet pour connaisseurs et non une louange pompeuse. D'un commun accord il fut décidé que je n'utiliserais jamais ma carte de presse, pour prouver que je payais mon entrée.

Précisons qu'il parle de la Colombie du milieu des années cinquante, en pleine dictature militaire[1] et pas d'ici, de là, ni de maintenant.

Notes

[1] au cours de laquelle les journaux étaient soumis à une censure directe.

vendredi, juin 2 2006

Les chiffres de la propagande anti-piratage

À lire: l'intéressante analyse par Bertrand Lemaire d'une information largement diffusée par les media: les chiffres du piratage en France.

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vendredi, février 24 2006

D'autres pressions sur les individus

La pression induite par l'omniprésence de l'image des femmes dans les messages publicitaires n'est pas la seule pression, en voici un petit panel, certaines très actives d'autres plus anciennes.

Reconnaitre quelques-unes de ces pressions pour ce qu'elles sont est une première étape pour être capable de s'en défendre.

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mercredi, février 22 2006

L'importance du langage, la résistance à la pression & la rationalisation pour éclairer la publicité

Je continue avec cette série de billets que j'ai entamé par ce coup de gueule sur l'utilisation de l'image des femmes par la publicité, problème hélàs récurrent mais qui commence à envahir jusqu'au logiciel libre.

L'importance du langage, les expériences de Milgram et Asch (psychologie sociale) pour expliquer le fonctionnement de la pression sociale.

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lundi, février 20 2006

Quelques réflexions sur la pub, l'égalité homme-femme & les logiciels libres

Ce billet fait évidemment suite à ce coup de gueule, et vise à réfuter une certain nombre d'arguments douteux. D'autres réponses sont à lire ailleurs.

Images médiatiques des femmes & conséquences

Dans une réponse qu'il me fait, Swâmi Petaramesh sous-entend que l'image des femmes dans la publicité est sans grandes conséquences. Il le fait par un argument indirect: «Peux-tu faire la part des choses entre les "conséquences" réelles et les conséquences fantasmées, celles qui sont de pures constructions idéologiques ?». En voici une liste non limitative:

  • augmentation de la pratique de la chirurgie esthétique, très coûteuse et non remboursée. C'est très représentatif d'un problème d'estime de soi.
  • augmentation de la consommation de crèmes à se tartiner.
  • augmentation de la consommation de produits lights bourré d'aspartame (soupçonné d'être cancérigène), dont l'effet est l'inverse de celui anoncé (Plus les gens consomment de light, plus l'obésité augmente).
  • augmentation des troubles du comportement alimentaire. La ratio homme/femme des victimes d'anorexie est de 1/9. Les femmes sont également majoritaire pour la boulimie, beaucoup plus fréquente et en constante augmentation. Bien entendu, le poids de l'imagerie féminine dans la publicité est loin d'être le seul facteur. Mais un problème de représentation de soi et d'idealisation de la minceur est une caractéristique de l'anorexie mentale (pas nécessairement la cause principale).
  • Par ailleurs, l'inversion des rôles homme/femme dans les spots publicitaires provoque un renforcement de l'estime de soi des femmes spectatrices, selon des études de psychologie sociale. L'image des femmes telle qu'elle est véhiculée dans les medias, et en particulier dans la publicité, est un facteur de maintien de la domination sociale des hommes.

Mettons des hommes aussi ?

Un certain nombre de pourfendeurs des féministes en appelle à la symétrisation du procédé, en remplaçant le modèle féminin par un modèle masculin; comme si le fait de faire subir aux hommes la même chose qu'aux femmes était une quelconque justification. Il y a quelques tentatives dans ce sens, ici, ou encore -bas. Ce genre d'initiative me laisse largement perplexe. Il y a un là un raccourci affirmant que le problème vient de l'utilisation d'image de femmes, alors que le problème provient de la connotation associée à ces images dans la publicité[1] (femme dominée, soumise, ménagère, offerte...) connotation obtenue par divers effets parmis lesquels on notera la scéne et position du sujet, l'angle de prise de vue, le regard. L'utilisation du corps masculin par la publicité est en général rès différente de celle du corps féminin. Je l'ai d'ailleurs écrit en commentaire sous une de ces images, et la réponse de l'auteur ne laisse pas de doute là dessus: «En plus je sais pas si je serais arrivée à trouver des images d'homme soumis et fort. Ce sont deux idées qui s'opposent en mon sens. C'est bête à dire quand même...! Ca va mieux à la femme (ça passe tellement bien que ça choque plus). Ouhlala ils sont moches les restes de siècles de machisme !»[2]

L'image des femmes est utilisée depuis la plus haute antiquité[3]

La constatation précédente permet de réfuter aussi un autre argument soulevé, celui de l'utilisation du corps des femmes dans la statuaire et dans l'art dans les siècles des siècles. «Le genre à s'extasier devant une statue grecque ultra-réaliste ou l'extase de Teresa de Bernini» ne s'extasie pas devant des images connotées ni utilisées de la même façon que dans ces codes publicitaires. La publicité et l'art n'ont pas du tout le même but ni les mêmes façons de fonctionner. On ne peut pas comparer les comportements devant ces représentations tant leur sens est différent.

Et la liberté d'expression, alors ?

La liberté d'expression pour la publicité? ça me semble tout à fait incongru. Le discours publicitaire procède par manipulation, il est normal de limiter ses débordements. Il nes serait pas légitime d'interdire aux publicitaires de cibler les enfants, de vanter les mérites de produits cancérigènes ou de mentir?

L'autre question importante à ne pas oublier, c'est la limitation de la publicité elle-même, sa quantité et son intrusion un peu partout.

Les logiciels libres et la publicité.

L'utilisation de campagnes publicitaires par les logiciels libres pour se faire connaitre est parfaitement inutile. Il y a eu pire, les dirigeants de la société Mandrake (devenue depuis Mandriva) ont imaginé un jour de vendre les ordinateurs des utilisateurs de leur système comme un paneau publicitaire.

Tout cela nuit beaucoup à l'image des logiciels libres comme logiciels véhiculant une éthique. je crois que sans éthique, le logiciel libre n'existe plus. Ceci pour expliquer la virulence de mon coup de gueule initial, auquel je ne retire pas une ligne.

Notes

[1] publicité dont les codes sont repris par la campagne Femfox.

[2] J'avais suggéré soumis et désirables, désirable est donc devenu fort.

[3] et même depuis la préhistoire, si on veut.

samedi, février 18 2006

Ras le bol de la marketisation des esprits

Tristan sait très bien où est le problème lorsqu'il écrit ce billet, et pourtant il le fait quand même. Il sait très bien quelles vont être les réactions négatives, parce qu'il n'en est pas à son coup d'essai. Son comportement n'est pas glamour, humoristique ni décalé, il est habituel; Tristan, à partir du moment où c'est pour une bonne cause, ça excuse toutes les saloperies ?

Où est le problème ? se demande Swâmi Petaramesh. Le problème? C'est que c'est tout le temps. Il y a des vérités qu'il faut répéter, répéter encore. Cette campagne est abjecte, parce qu'elle banalise le comportement sexiste des publicitaires qui se moquent comme de l'an quarante des conséquences de leur humour glamour décalé à deux balles. Plus que banaliser, elle montre que cette banalisation a déjà eu lieu. Les esprits sont marketisés, ils ne s'émeuvent plus de ce type de dérapage. Que la dame qui sert de modèle soit consentante change tout, n'est-ce pas?

Bon, d'accord, ça n'a pas grand-chose à voir avec un navigateur, je le reconnais, alors pourquoi utiliser de jolies jambes pour faire la pub d'un navigateur ? Eh bien, comme les publicitaires le savent, parce que ça attire l'oeil d'au moins une moitié de la population, qui trouve ça plaisant à voir, attirant.
Et ça donne à l'autre moitié des envies de mettre au régime pour ressembler à ce que les mecs trouvent plaisant à voir, attirant et des envies de suicide si elles n'arrivent qu'à se trouver moches ? Ça n'aurait rien d'étonnant, quand ces images sont répétées tout le temps et partout.

Rassurez-vous, il y a des gens importants qui pensent comme vous que ce n'est pas choquant. On en viendrait presque à se dire que la réaction automatique, c'est celle qui fustige l'attitude des féministes.

Puisque la raison ne marche pas, essayons l'argument ad hominem:
«Papa, je mange plus de beurre sur le pain, ça fait grossir!» C'est de ma fille de 6 ans, et ça sort tout droit de la cour de récré. À six ans elle se fout encore du regard des mecs. C'est une pression sociale. Et ta fille, Tristan, elle en pense quoi du beurre sur le pain au petit déjeuner?